Débats 22 février 2026
« La rhétorique du “cancer backlash” présente de nombreuses analogies avec le climatoscepticisme »
Depuis plusieurs mois, des médecins et des scientifiques s’exprimant hors de leur champ d’expertise dénigrent leurs collègues et cautionnent la démolition des normes de protection de l’environnement et de la santé, relate Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », dans sa chronique
L’article de Stéphane Foucart, publié dans Le Monde, analyse la montée d’un discours baptisé «cancer backlash», qui minimise le rôle de l’environnement dans l’augmentation des cancers.
Cette rhétorique réduit la maladie aux comportements individuels (tabac, alcool, hasard) et occulte les facteurs socio-économiques et environnementaux.
Selon l’auteur, elle reproduit les mêmes mécanismes que le climatoscepticisme : scientifiques hors de leur champ, contre-vérités, accusations de « militantisme » envers les chercheurs spécialisés.
Si le tabac et l’alcool restent des fléaux majeurs, leur consommation est pourtant en baisse, ce qui rend moins crédible leur usage systématique comme explication unique.
D’après Santé publique France, environ 60 % des cancers ne sont pas attribuables à des facteurs clairement identifiés — non pas par hasard, mais faute de données suffisantes sur de nombreuses expositions environnementales.
L’auteur souligne que l’absence de preuve formelle n’est pas une preuve d’innocuité, notamment pour certains pesticides.
Il démonte aussi l’argument selon lequel parler des risques environnementaux encouragerait les comportements à risque.
Au contraire, les études montrent que les personnes sensibilisées adoptent souvent des pratiques plus protectrices.
Conclusion : le cancer backlash sert surtout à freiner les politiques de santé environnementale, au bénéfice des intérêts industriels et politiques.