Les discussions s’enlisent entre Gouvernement et Complémentaires. Jérôme Guedj, paré de sa candidature à la présidentielle (sic), confirme suite à l’avis du Conseil Constitutionnel : « toute hausse de cotisation de votre complémentaire santé en 2026 est illégale » … même celles décidées et envoyées avant l’adoption de la loi de finances? même celles issues de modifications réglementaires ?
Et les initiatives des complémentaires, y compris des mutualistes, se font attendre.
Pourquoi, une telle situation, alors que l’inquiétude monte dans nombre de mutuelles?
Les conséquences (et de fait, les intérêts), ne sont pas de même nature selon que l’on est un grand groupe de protection sociale (quelle qu’en soit la forme juridique), ou une petite ou moyenne mutuelle de proximité.
D’un côté, il s’agit d’un coût financier, de l’autre, d’un problème de survie ! Ce n’est pas tout à fait pareil.
Déjà, il y a quelques mois, de très grandes mutuelles, diverses dans leurs origines, ont commencé à redistribuer à leurs adhérents des excédents de cotisation. Le message était clair : d’un côté des groupes financiers qui, quelle que soit leur forme, peuvent conduire des politiques commerciales visant à casser le marché. Et de l’autre, des mutuelles qui tentent de survivre dans ce contexte concurrentiel, en administrant au mieux une solidarité de répartition et non d’assurance.
Il faut se rendre à l’évidence, les petites et moyennes mutuelles n’ont plus les mêmes intérêts que les groupes assuranciels qu’ils soient capitalistes ou mutualistes.
La question est de savoir si elles sauront le revendiquer, l’assumer.
Paradoxalement, cette prise de conscience politique pourrait constituer le socle d’un renouveau de la forme mutualiste en France.
D’abord, il convient de souligner que le petites et moyennes mutuelles ont remporté une grande victoire auprès de la Commission Européenne en obtenant la révision des critères de proportionnalité.
Ces nouvelles dispositions ouvre le champ à la multiplication des mutuelles qui réalisent moins de 15 M€ de chiffre d’affaires et qui correspondraient idéalement aux exigences de la proximité.
A quand la transformation « des contrats de couverture communale » en véritables mutuelles de proximité ? afin de remplacer les courtiers, et les mutuelles nationales qui habillent leur politiques commerciales agressives de fausse proximité.
Les petites et moyennes mutuelles de proximité doivent affirmer avec force leur originalité mutualiste, leur ancrage territorial, l’éventail des possibilités de collaboration avec les acteurs publics.
Ces élections municipales en sont l’occasion rêvée.