La disparition des bars-tabacs nourrit la progression du RN

La disparition des bars-tabacs nourrit la progression du RN

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Une étude récente montre qu’il existe un lien mesurable entre la fermeture des bars-tabacs (et cafés de village) et la progression du vote Rassemblement national (RN) dans les territoires concernés.

Ces fermetures ne sont pas qu’un phénomène économique : elles participent à une érosion du lien social local, ce qui modifie durablement les comportements politiques.

Entre 2002 et 2022, la France a perdu environ 8 000 bars-tabacs, symboles de la vie sociale de proximité. Ces lieux jouaient un rôle central : discussions informelles, circulation de l’information, sentiment d’appartenance. Leur disparition crée un vide relationnel : moins d’échanges quotidiens, plus d’isolement, surtout dans les zones rurales et petites villes. Ce n’est pas la fermeture en elle-même qui provoque immédiatement un vote RN, mais un effet cumulatif : affaiblissement des sociabilités locales, sentiment d’abandon territorial, recul des services publics, impression de déclassement.

Tout cela nourrit un climat de désaffiliation collective, dans lequel le discours du RN trouve davantage d’écho.

Les bars-tabacs sont des espaces de reconnaissance sociale, pas seulement des commerces. Leur disparition accélère la recomposition de “l’infrastructure sociale” des territoires. Là où ces lieux ferment, on observe à moyen terme une hausse significative du vote RN, indépendamment d’autres facteurs classiques (immigration, pauvreté, etc.).

Le vote d’extrême droite ne s’explique pas seulement par des variables économiques ou démographiques, mais aussi par la perte de lieux de vie collective.

Réinvestir dans des espaces de sociabilité locale pourrait donc être un levier politique majeur pour recréer du lien et freiner cette dynamique.

Qu’est ce qu’on attend ?

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