L’Europe, puissance sociale-démocrate

Partager cet article

Articles similaires

Thomas Piketty (Le Monde 31/01/2026)

Thomas Piketty défend l’idée que l’Europe est déjà, de fait, une puissance sociale-démocrate : un ensemble de pays qui ont choisi un haut niveau de protection sociale, d’investissement public et de redistribution. Plutôt que d’en avoir honte, l’Europe devrait assumer ce modèle et le porter politiquement face aux modèles autoritaires ou ultra-libéraux.

Un niveau de bien-être historiquement élevé

Selon Piketty, les pays européens ont atteint un niveau de prospérité et de bien-être social inédit dans l’histoire, grâce à :

  • des dépenses publiques élevées (40 à 50 % du PIB dans de nombreux pays),
  • des investissements massifs dans la santé, l’éducation et les infrastructures,
  • des temps de travail plus courts et davantage de congés,
  • un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle.

Contrairement aux discours dominants, cela ne nuit pas à la productivité : en pouvoir d’achat réel par heure travaillée, l’Europe du Nord dépasse même les États-Unis.

Trois erreurs majeures dans les comparaisons économiques

Piketty critique la manière dont on mesure la « performance » des pays :

  1. Comparer les PIB sans corriger les prix (parité de pouvoir d’achat) surestime fortement les États-Unis.
  2. Oublier le temps de travail fausse les comparaisons de productivité.
  3. Se focaliser sur le PIB marchand en ignorant les indicateurs sociaux (espérance de vie, inégalités, climat) conduit à des décisions absurdes.

Résultat : l’Europe se sous-estime en permanence.

Une inquiétude forte : le sous-investissement récent

Depuis la crise de 2008, plusieurs pays européens (dont la France et l’Allemagne) ont réduit leurs investissements publics, notamment dans l’éducation et la recherche. Pour Piketty, c’est une erreur stratégique majeure qui affaiblit l’avenir du continent.

Un projet politique à reconstruire

Piketty appelle l’Europe à :

  • défendre clairement son modèle social,
  • sortir des ambiguïtés du libre-échange (il critique notamment l’accord UE-Mercosur),
  • soutenir une fiscalité internationale sur les grandes fortunes et multinationales,
  • intégrer pleinement les enjeux climatiques et sociaux dans ses choix économiques.

En conclusion

L’Europe ne deviendra une vraie puissance mondiale qu’en assumant pleinement son identité sociale-démocrate, écologique et solidaire.

No Comment !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Restez informés !

Abonnez-vous à la newsletter.