Editorial – Ballotés entre technocratie et démagogie

Editorial – Ballotés entre technocratie et démagogie

Partager cet article

Articles similaires

Au moment où la totalité des organisations de médecins sont dans la rue, où une taxe supplémentaire de 2,05% est imposée aux complémentaires santé et où le Conseil Constitutionnel valide de façon surprenante un cavalier social visant à interdire aux complémentaires santé, par nature « privées » d’adapter leurs tarifs, le  gouvernement  se trouve conduit à engager des discussions afin « d’opérationnaliser le dispositif » …

Pour faire bonne mesure, la Ministre de la santé lance une mission « sur l’articulation entre l’assurance maladie et les complémentaires » confiée à quatre experts, déjà contestés. Il faut rappeler que cette mission intervient quelques mois après la remise en juillet d’un rapport volumineux sur l’avenir des complémentaires, issu des travaux des trois Hauts Conseils, (excusez du peu!).

On ne peut que douter de l’efficacité de cette mission, de ces discussions et, en fait, de cette méthode qui depuis des années se refuse à affronter les problèmes.

Ce que les Français réclament, car la santé est une de leurs préoccupations majeures, ce à quoi les professionnels de santé aspirent, et accessoirement ce dont notre économie a besoin, c’est d’une vision, c’est d’une réforme cohérente d’ensemble du système de santé et de protection sociale qui inscrive dans le temps une perspective et des transformations à engager. 

La nécessaire maîtrise des dépenses ne fera pas l’économie d’une refonte territoriale de notre système, d’une évolution de certaines professions et des organisations, d’une réforme de la formation des personnels ; elle n’échappera pas à poser et régler la question de la responsabilité des gestionnaires et de leurs marges de manœuvre opérationnelles, et enfin, elle devra clarifier de façon nouvelle, associant efficacité et solidarité, «  le qui paie quoi ? », et sortir d’un système où l’assurance maladie obligatoire gère des complémentaires, où la « mutuelle » est une dépense contrainte et où les complémentaires sont devenues des collecteurs d’impôts.

La valse des ministres, les ajustements de dernière minute, les effets de manches électoralistes des législateurs, ce va et vient incessant entre démagogie et technocratie finit par lasser tous les acteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Restez informés !

Abonnez-vous à la newsletter.