La campagne des municipales est lancée, plutôt de façon chaotique. Alliances, dé (mé)-salliances font la une. La sécurité, le logement, présents partout, différemment certes, mais partout sans grande capacité de rassurer.
Et nous mutualistes, acteurs de l’ESS, avons-nous quelque chose à dire, à faire (c’est notre objet !) dans ce cadre ?
Quelles seraient selon nous, selon moi, selon vous, des propositions, une méthode, des engagements pour cette élection, si tant est que nous considérons, comme nous l’affirmons régulièrement que le territoire est le lieu privilégié de la démocratie ?
De culture Mutualiste, je commencerai par la santé. Des propositions en vrac, toutes discutables, mais c’est bien cela LA METHODE !
D’abord, immédiatement : réunir les acteurs de la santé et la population qui veut bien s’y intéresser, organisée ou non, pour parler de santé, seulement en parler, et, au fur et à mesure des rencontres, se fixer un ou deux objectifs prioritaires, formalisés, susceptibles d’être évalués.
Et tout de suite quelques mesures qui ne coûtent rien ou pas grand chose : la création d’un poste de médiateur en santé (afin de réduire l’inégalité culturelle en santé), l’organisation avec les professionnels de santé de la commune « d’une garde » en consultations non programmées, (faire que chacun sache qu’en cas de besoin, il aura toujours accès à un médecin). Convoquer les organismes de couverture complémentaire présents sur la commune (locaux ou nationaux) et leur demander d’affecter 2% de leurs ressources à la prévention, dans le cadre de programmes prioritaires définis en commun.
Ne pas oublier la santé mentale, et notamment le dépistage dès l’école primaire de la maltraitance et du mal-être des enfants et l’obligation d’y affecter ou d’exiger quelques moyens.
Enfin, dans un temps plus lointain, se fixer l’objectif d’aborder l’organisation du système de santé local, associant, maison médicale ou de santé, établissements hospitaliers de proximité et offre numérique en santé.
Mais le local, c’est aussi le logement avec l’impérieuse nécessité de réunir les acteurs de la finance publique et de l’ESS afin de les impliquer dans la construction d’une offre de logements sociaux, y compris en direction des populations jeunes et seniors.
Le local, c’est aussi la formation avec d’abord la formation des élus locaux à l’ESS, à une nouvelle façon de faire de l’économie et de l’emploi. Et puis, c’est la formation dès le plus jeune âge aux mathématiques et au numérique. C’est aussi l’écologie, la souveraineté alimentaire, la lutte contre l’obésité,…
A vous, à nous, de compléter, de dire et de contredire, d’enrichir !
Sur chacun de ces thèmes, chacune de ces actions, et sur bien d’autres, l’ESS a la capacité d’apporter des idées, des solutions, des moyens, des militants.
C’est là que se joue en grande partie la bataille culturelle, la bataille des idées en cours.
Faisons du territoire le terrain privilégié de la transformation, « l’intellectuel organique » d’une société humaniste, apaisée, constructive, face aux tenants de l’exclusion, de la ségrégation et de l’affrontement, parce que c’est notre « mission » , et parce qu’il y va de notre survie.
2 réponses
Bien d’accord Jean
Je prendrais volontiers un autre angle de vue : nos mutuelles sont par nature enjointes à faire solidarité et démocratie dans un modèle non lucratif. Et, au fond, ces trois dimensions ne doivent-elles pas guider les politiques locales. Si l’on ajoute que l’article L111-1 du code de la mutualité fait explicitement référence à la mission éducative des mutuelles et si l’on considère enfin que comme les municipalités les mutuelles doivent composer avec un univers économique qui n’est pas guidé par ces valeurs, alors il devient incompréhensible que nous ne soyons pas plus proches, partenaires, alliés ou je ne sais quoi alors que nous partageons autant.
En soi cette absence mérite analyse, débats, confrontations. Non ?