A l’approche des élections présidentielles, le MEDEF annonce ses chantiers prioritaires et, comme de coutume, la protection sociale en fait partie : culpabilisation, individualisation du risque, accès aux données médicalisées personnelles…
Quelques morceaux choisis : « la mise sous pilotage des dépenses, avec comme priorité la lutte contre la fraude ; rendre le contrat responsable plus flexible ; une prévention fondée sur le changement de comportements des assurés : de meilleurs remboursements pour ceux qui s’engagent ; avoir accès à certaines données…» .
La logique de l’assurance reste la logique de l’assurance et s’inscrit dans l’air du temps : d’abord chercher des boucs émissaires, les fraudeurs, alors que la lutte contre la fraude, notamment contre des réseaux structurés, est de la responsabilité de l’assurance maladie qui obtient des résultats significatifs dans ce domaine ; ensuite, individualiser, personnaliser un peu plus le risque, y compris en utilisant le vecteur de « la prévention » afin de poursuivre le processus de désolidarisation en cours ; enfin, et pourquoi pas, remettre en cause le secret médical afin d’être « plus juste et efficace ».
La logique de l’assurance n’est ni la solidarité, ni l’action sur le risque, mais sa solvabilisation et l’amélioration de sa rentabilité.
A confondre mutualité et assurance dans le terme générique « des complémentaires », on en arrive à ce qu’un député socialiste fasse son miel de propos démagogiques sur les excédents des complémentaires et confonde les structures finalisées sur le profit et celles qui gèrent l’argent de leurs adhérents.
Peut-être que dans cette période pré-électorale, il serait opportun de remettre la solidarité au milieu du village !