Une analyse fine d’Adelphe de Taxis sur les relations complexes entre l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), le capitalisme et l’État. Il montre que l’ESS n’est pas extérieure au capitalisme : elle évolue avec lui, parfois en résistance, parfois en adaptation, et aujourd’hui elle est de plus en plus influencée par les logiques de marché.
On oppose souvent l’Économie sociale et solidaire (ESS) au capitalisme. Pourtant, l’histoire montre qu’elles ont toujours évolué ensemble, dans une relation à la fois de coopération, de tension et d’adaptation.
Née au XIXᵉ siècle pour répondre aux excès du capitalisme industriel, l’ESS s’est développée avec l’État social après 1945, avant d’être progressivement confrontée, depuis les années 1980, aux logiques de marché, de performance et de financiarisation.
Aujourd’hui, l’ESS reste un acteur majeur : elle représente environ 10 % du PIB, plus de 13 % de l’emploi privé et mobilise des millions de bénévoles. Elle continue d’innover dans de nombreux domaines (transition écologique, inclusion, économie locale…).
Mais une question demeure : l’ESS peut-elle transformer l’économie dominante ou risque-t-elle d’en adopter progressivement les règles ?
À l’heure des crises sociales, environnementales et démocratiques, l’enjeu est peut-être ailleurs : repenser la création de valeur, renforcer la démocratie économique et replacer l’économie au service de la société.